
Level
4
Experience
22 XP
Gold:
429
Ancestry:
Human
Class:
Witch
Affiliation:
Non Affilié
Pays d'Origine:
Caerhys
Relique:
Légendaire
Completed:
5
Most recent:
5 days ago
Je m'appelle Feïya. Je suis née à Ortzadarra, en Caerhys, sur Elanthar. Mes parents ne manquaient de rien, et moi non plus. C'était une vie simple et ordonnée.
La voûte céleste m'a toujours attirée, depuis très jeune. Pas les étoiles en elles-mêmes, pas leur nom ni leur position, mais l'idée même de ce qu'il y a après. Cette frontière que tout le monde regarde sans jamais vraiment se demander ce qu'elle est. Je veillais souvent tard pour les observer, aussi tard que mes parents me le permettaient, et souvent un peu plus. Je les entendais monter les marches, prêts à me gronder, mais je choisissais toujours de rester encore quelques minutes à contempler ce ciel étoilé.
Devenue adulte, j'ai consacré huit ans à chercher des réponses à travers Elhantar. J'ai commencé par l'université de Scoilmhor en Caerhys, puis celle de Cyraleth, dans les îles volantes ; j'ai gagné les montagnes du Hanzeh à Xianlong et leurs érudits, jusqu'aux acropoles de la Louvaine. Je recherchais des érudits, des professeurs, des bibliothèques. Partout où je pensais pouvoir trouver quelqu'un qui travaillait sur les mêmes questions que moi. C'est pendant ces années-là que le Labyrinthe de Myrrhalis est entré dans mon champ d'étude. Une énigme vivante, situé sur Elhantar même, avec des portes vers d'autres horizons d'existence. Exactement ce que je cherchais.
Mon obsession n'en fut que plus forte. Trop de nuits sans dormir, trop de recherches menées simultanément, trop peu d'attention portée à mon propre corps. Ma santé finit par se dégrader. Mes professeurs le voyaient. Je le voyais aussi. L'idiote que j'étais à cette époque continuait quand même de tirer sur cette corde déjà bien trop tendue. Jusqu'au moment où je me suis effondrée.
Perdue dans mes études, je ne prêtais pas attention à mon corps qui se dégradait. Jusqu’au jour où il finit par complètement m’abandonner et je m’évanouis dans mon étude, étalée parmi les piles de parchemins épars.
En rouvrant les yeux, une multitude de visages inconnus m'entourait. La curiosité dans leurs yeux était palpable. Certains semblaient même prendre des notes. Une fois mes esprits complètement repris, ils m'ont expliqué où je me trouvais. J'étais arrivée sur Titania, ou plus exactement sur l'Académie de l'Échine, qui se mouvait au gré de la volonté du Voyageur.
Cobyslarni… C'est son véritable nom. Un être de Titania, le plan féerique. Une bibliothèque vivante de savoir sur les mondes, qui se déplace entre les plans.
Grâce à leur enseignement, j'ai pu comprendre et découvrir des facettes de l'univers que même les érudits d'Elhantar ne pouvaient pas s'imaginer. Le voile, la membrane entre les plans, les Résidues, et bien d'autres choses encore. Comment trouver les endroits où le voile est fin, presque transparent. Les Résidues, ces êtres dénaturées cherchant inlassablement le bon moment pour se déverser dans le chaos primordial. Elles utilisent l’ombre de Cobyslarni pour se déverser dans les autres plans et créer ainsi des Miroitements.
Les véritables Gardiennes du Seuil sont les professeures de l'Échine. Leur travail, est le mien depuis, en tant que Voyageuse, est de détecter et corriger ces Résidues. Pour quelqu'un qui cherchait depuis l'enfance ce qu'il y a au-delà du ciel, apprendre à lire et à comprendre les coutures entre les plans était une réponse inattendue. Pas celle que je cherchais, mais celle qui avait le plus de sens, finalement.
Pendant ces premières années à l'Échine, je suis rentrée une fois sur Elhantar. Je remercie encore le sort de m'avoir affectée aux Voyageurs, ce qui me permet de sortir de temps à autre de l'académie. Ma famille et mes amis me manquaient. Cependant, le temps à Titania est chaotique. Pour moi, ce n'était que quelques années qui s'étaient écoulées. Là-bas, plusieurs décennies étaient passées. Ortzadarra existait encore. Mais plus aucune personne que je connaissais là-bas était encore vivante. Ma famille. Mes amis. Mes professeurs. Tous étaient partis depuis bien longtemps. Ce retour fut brutal à mes yeux. N'ayant désormais plus aucune attache sur le monde qui m'avait vu naître, je pris la décision de retourner auprès de ma nouvelle famille à l'Échine.
Huit autres années passèrent ainsi. Mon corps commençait à vieillir, et les soucis de santé dus à mes longues nuits blanches ressurgirent. Consciente que, tôt ou tard, je mourrai de maladie ou de vieillesse, je cherchais désespérément à comprendre le plus de sujets possibles avant de m'éteindre. En voyageant avec Cobyslarni dans Titania et dans d'autres plans, j'ai croisé bon nombre de créatures et de fées, plus étranges les unes que les autres.
Une d’entre elles se démarqua à mes yeux. Impossible pour mon esprit d’en garder une image ou des contours clairs et pourtant, je pris la décision de pactiser avec elle.
Mais une fée n'offre jamais rien sans raison, et celle-ci ne fit pas exception. Nos chemins s'étaient croisés plusieurs fois au gré de mes voyages, et un jour mon travail de Voyageuse avait dénoué une Résidue ancienne qui l'entravait depuis trop longtemps, un service que sa nature ne pouvait laisser sans contrepartie. De cette dette naquit autre chose, plus difficile à nommer : une curiosité réciproque, puis quelque chose qui ressemblait à de l'amitié. Elle me trouvait étrange, je crois, cette mortelle qui brûlait sa vie à chercher ce qu'il y a au-delà du ciel. J'avais très vite compris que ma condition humaine me limiterait tôt ou tard, et que la vieillesse, et tout ce qui en découle, nuirait un jour à mes recherches. Lorsqu'elle comprit que je finirais par m'éteindre comme tous les mortels, et qu'elle ne le voulait pas, elle me proposa de partager certains traits de son peuple, au premier rang desquels celui de ne plus être affectée par le temps.
Je ne décris pas ce pacte en détail. Ce n'est pas quelque chose que j'explique facilement. Ce que je peux dire, c'est que cette fée était différente de celles que j'avais croisées avant. Un tel don ne se reçoit jamais sans contrepartie : le pacte me lie à une loi, celle de l'hospitalité féerique, que je dois honorer sous peine de perdre tout ce qu'il m'a accordé. Je n'en dirai pas plus.
Mon corps s'est figé à l'âge que j'avais ce jour-là. Ce n'est pas l'immortalité au sens absolu du terme, plutôt une stase sur mon propre temps. Une lame, un poison ou autre chose peuvent toujours m'emporter. Mais le temps lui-même ne m'affecte plus. Ce que cela signifie sur le long terme, comment les gens réagissent quand ils le réalisent, ce que cela fait de voir les siècles passer sans en être affectée : ce sont des questions que je n'ai pas fini de traverser.
Le pacte apporta aussi une surprise qui n'a rien de réjouissant. Il semblerait que, lorsque je perds connaissance, une entité s'approprie mon corps durant quelques instants, une minute tout au plus, cherchant frénétiquement la source de mon effondrement. Cela n'est arrivé qu'une fois, quand j'ai à nouveau tiré sur la corde et perdu conscience. L'atelier dans lequel je travaillais, où je stockais toutes mes données, a été saccagé en quelques secondes. J'ai perdu ainsi environ vingt ans de travail acharné.
Avec le temps, j'en suis venue à une hypothèse. Ce n'est ni un parasite, ni un esprit étranger venu de nulle part : c'est une part de ce que la fée m'a transmis. En me donnant une fraction de sa nature, elle m'a aussi légué l'un des instincts des siens, celui qui protège le corps lorsque l'esprit s'absente. Quand je m'effondre, cette part s'éveille, et elle ne connaît qu'une réponse : trouver la menace et l'écraser, sans distinguer un ennemi d'une étagère de notes. Elle ne me veut pas de mal. Elle ne comprend simplement pas ce qu'est, pour une humaine, vingt ans de travail…
Après le pacte et les événements qui en découlèrent, j'ai continué de voyager avec Cobyslarni et les membres de l'Échine durant environ cent ans de plus. J'ai appris à lire le voile depuis l'intérieur des plans féeriques, à éliminer les Résidues les plus complexes, à fonctionner dans des espaces que la plupart des êtres ne traversent jamais. Le Labyrinthe de Myrrhalis n'a jamais quitté mes pensées pendant tout ce temps.
Depuis mon premier départ d'Ortzadarra, environ 400 ans se sont écoulés sur Elhantar. Je n'en ai vécu qu'une fraction. Techniquement, j'ai 427 ans. Je suis officiellement l'humaine la plus vieille de tout Elhantar. Enfin, je crois.
Après plusieurs négociations, j'ai réussi à obtenir l'autorisation de mes professeurs pour aller étudier le labyrinthe à sa source même, sur le monde qui m'a vue émerger. Le Labyrinthe de Myrrhalis était déjà là avant l'Échine. C'est en cherchant à percer les secrets du ciel et les secrets du Labyrinthe que je me suis effondrée et retrouvée sur l’académie. Et en plus de 400 ans, je ne m'y suis jamais rendue. Il est peut-être enfin temps d'aller le visiter.
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