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Updated 4 months ago
Dans les abysses où la lumière ne pénètre plus, là où les plaques du monde grincent l’une contre l’autre comme des mâchoires anciennes, sommeille Ossamra, la Dame des Serpents Affamés.
On la nomme l’Archéfléau de la Famine.
La Mâchoire Vide.
Le Soupir des Royaumes Asséchés.
Et sur les côtes d’Abou Simeth, où les vents salés portent encore la mémoire des greniers effondrés, elle est appelée le Fléau d’Abou Simeth, celle dont le passage laissa la terre craquelée comme une lèvre trop longtemps privée d’eau.
Ossamra est un serpent titanesque, si vaste que nul regard mortel ne peut en embrasser la longueur. Son corps s’enroule autour des failles océaniques, glisse entre les dorsales et s’enfonce dans les gouffres où les navires ne reviennent pas. Ses écailles sont d’un noir irisé, comme huilées par les profondeurs. De ses pores suinte un acide translucide, l’icor précieux qui est son sang, une substance capable de tout dissoudre : pierre, acier, certitudes.
Là où cet icor touche la surface, les récoltes jaunissent, les fleuves se rétractent, les troupeaux avortent. Les sols deviennent poudre. Les lèvres se fendent. Les ventres se creusent.
Mais la famine d’Ossamra n’est pas qu’un manque de pain.
Elle est la révélation d’un déséquilibre.
La cupidité l’appelle. Chaque grenier scellé tandis que le village dépérit. Chaque banquet donné derrière des portes closes alors que les ruelles gémissent. Chaque empire qui accumule plus qu’il ne redistribue nourrit son corps immense. Elle ne frappe pas d’abord par colère : elle frappe parce que l’excès crée le vide ailleurs.
On la croit monstrueuse, et elle l’est. Pourtant, sa miséricorde est plus rapide que celle des hommes.
Lorsque la disette s’abat, elle prend d’abord les plus fragiles. Les vieillards aux os déjà légers. Les malades qui n’avaient plus la force de lutter. Les enfants trop faibles pour endurer de longues agonies. Cruauté aux yeux des vivants, peut-être. Mais dans son regard abyssal, c’est une forme d’économie de la souffrance. Elle abrège là où l’agonie serait interminable.
Car Ossamra ne savoure pas les plaintes. Elle savoure l’effondrement des certitudes.
Sa véritable faim n’est pas celle des pauvres.
C’est celle des riches.
Elle est la patronne des affamés, mais aussi des avares. Elle inspire la rage dans les ventres vides, l’ambition dans les cœurs humiliés, l’envie brûlante de renverser les tables trop garnies. Quand la faim devient insupportable, elle cesse d’être faiblesse. Elle devient moteur.
Combien de révolutions ont commencé par un estomac creux ?
Dans les villes où le blé manque, où l’eau est rationnée, où les nobles continuent de festoyer, son souffle invisible circule comme un murmure. Il s’insinue dans les tavernes, dans les marchés silencieux, dans les files d’attente devant des entrepôts verrouillés. Il dit que rien n’est immuable. Que ceux qui possèdent trop peuvent être dépouillés. Que la faim peut mordre dans l’autre sens.
La Reine des Serpents n’a que faire des misérables qui ploient sous son passage. Ils ne sont pas son festin, seulement l’écho d’un déséquilibre plus vaste. Ce qu’elle convoite réellement, ce sont les puissants retranchés derrière leurs excès. Les marchands qui spéculent sur la disette. Les rois qui exportent le grain pour accroître leurs coffres tandis que leur peuple maigrit.
Son icor ne dissout jamais aussi violemment que lorsqu’il touche l’or accumulé.
Quand enfin elle s’éveille vraiment, lorsque son corps titanesque se tend dans les abysses et que les océans frémissent, ce n’est pas pour engloutir des villages déjà à genoux. C’est pour fissurer les fondations des palais, pour faire s’écrouler les tours construites sur l’injustice, pour rappeler que toute abondance non partagée est une provocation.
Ossamra est la faim sans fin, mais aussi l’équilibre brutal. Elle est le vide qui exige d’être comblé, par le partage ou par la chute.
Et lorsque les greniers sont ouverts, lorsque le pain circule, lorsque les puissants comprennent que leur prospérité dépend de celle des plus humbles, elle se rendort.
Non rassasiée.
Mais satisfaite.
Car un monde où nul ne garde tout pour lui est un monde où sa mâchoire peut, pour un temps, demeurer close.
1st : Briny Bolt
2nd : Feast of Ashes
5th : Howling Blizzard

Archéfléau de la Famine, la Mâchoire Vide, le Soupir des Royaumes Asséchés. Patronne des affamés, des avares, des famines morales et de la soif sans fin.
Famine, Avidité, Désespoir, Manque, Déséquilibre, Appétit spirituel
Un serpent s’enroulant autour d’un bol vide
Serpent
Must Choose Unholy
Harm
Deception
Asp Coil & Gada
Naga, Pain, Undeath , Darkness, Abomination, Indulgence