
Level
2
Experience
0 XP
Ancestry:
Demons
Class:
Exemplar
Affiliation:
Consortium des 6 Routes
Pays d'Origine:
Louvainne
Relique:
Earth
Dans les marchés souterrains de l'Abysse, ces bazars misérables où les démons mineurs négocient butin, faveurs et dettes entre deux guerres. Azeran occupait un poste qu'aucun démon ambitieux n'aurait voulu : peseur officiel des cargaisons de dépouilles. Chaque âme damnée arrivant dans son secteur voyait ses possessions confisquées, jetées en vrac devant lui, et c'était à Azeran de trier, peser, estimer, un travail de scribe minable, sans gloire, dans un monde qui n'admire que la force brute.
Pour cette tâche, on lui avait confié un unique outil : une immense épée, utilisée pour trancher net les lots trop imposants pour être pesés d'un coup. Une arme de travail, brutale et sans grâce, symbole de sa condition de simple exécutant.
Il travaillait sous les ordres de Vhorlask, un démon comptable de rang supérieur qui supervisait tout le secteur des cargaisons, et qui considérait Azeran comme rien de plus qu'un outil parlant. Vhorlask possédait un instrument bien plus précieux qu'Azeran : une balance ancienne, artefact mineur capable d'évaluer instantanément la vraie nature d'un objet — pas seulement son poids, mais sa valeur cachée, ce qu'il pourrait devenir entre de bonnes mains. Vhorlask s'en servait pour repérer, avant tout le monde, les objets les plus précieux du butin et les détourner à son propre profit, sous couvert d'inventaire officiel.
Azeran a fini par comprendre ce que Vhorlask ne réalisait pas lui-même : ce n'était pas son supérieur qui avait du flair, c'était la balance. Vhorlask ne faisait que lire des chiffres qu'il ne comprenait pas vraiment. Pendant des années, Azeran a appris à s'en servir dans l'ombre, prétextant des "vérifications de routine" pour la garder entre ses mains plus longtemps que nécessaire, apprenant à écouter ce qu'elle lui indiquait bien au-delà du simple poids et de l'or. Il a commencé à détourner de petites choses, à les échanger contre des services, des informations, des potions volées à un alchimiste voisin, son épée, l'objet le plus banal de son quotidien, devenant son complice silencieux pour dissimuler sa marge dans les marges d'erreur d'inventaire.
Le jour où le trafic a été découvert, Vhorlask n'a pas voulu le tuer, un peseur compétent est difficile à remplacer. Il a voulu l'enchaîner, faire de son don pour le commerce un outil** forcé, permanent. Azeran a refusé. Alors que le chasseur d'âmes de Vhorlask fondait déjà sur lui en pleine alerte générale, Azeran est passé par le bureau de son ancien maître et a arraché la balance de son socle avant de décamper, un acte de pur vol, assumé, presque suicidaire, la seule chose qu'il ait jamais volée en sachant précisément ce qu'il faisait. Il n'est pas allé loin : le chasseur l'a rattrapé aux frontières du secteur, et l'a transpercé, laissé pour mort, persuadé d'avoir clos l'histoire d'un scribe insignifiant.
Il ne l'était pas. Azeran s'est relevé, pas par miracle, mais par pur entêtement de survivant, refusant que son histoire s'arrête sur l'échec de quelqu'un d'autre à comprendre sa valeur. L'étincelle s'est allumé à cet instant précis, scellant la blessure en une cicatrice qui ne s'est jamais totalement refermée, courant en travers de son torse, son corps refusant, encore et encore, de laisser quiconque écrire la fin de son histoire à sa place.
Dans le même souffle, ses deux objets volés se sont transformés. L'épée, terni et grossier, s'est mis à luire d'un éclat spirituel, devenu son Gleaming Blade — une lame presque trop noble pour un outil aussi vulgaire à l'origine. Et la balance de Vhorlask, encore tachée de la poussière des geôles abyssales, est devenue sa Corne d'Abondance, capable désormais de produire d'elle-même l'exacte ressource dont un client a besoin — comme si l'artefact, enfin libre d'un maître qui ne le méritait pas, s'était mis à donner plutôt qu'à évaluer froidement.
Azeran a transformé chaque vestige de sa servitude en symbole de son indépendance. Sa Corne d'Abondance produit l'objet exact dont un client a besoin, sortie avec un sourire de sa carriole improbable. Sa cicatrice est devenue une fierté qu'il montre volontiers en négociant, preuve vivante qu'on ne peut ni le tuer ni le posséder durablement. Et son fendoir reste accroché à sa carriole, argument de vente autant qu'arme : "Cette lame a pesé plus de fortunes que vous n'en verrez jamais, l'ami — et elle a survécu à ceux qui ont essayé de me l'arracher."
Il ne cache jamais son passé de scribe-boucher abyssal. Au contraire, il en fait une histoire qu'il raconte avec un enthousiasme presque commercial : "Regardez ce que j'étais. Regardez ce que je suis devenu. Vous voulez savoir comment j'ai survécu ? C'est gratuit, pour une fois."
C'est ainsi qu'Azeran s'installa à Joyau, en Louvaine, afin d'apprendre les us et coutumes de cette nouvelle terre qu'était Elanthar. Il fut captivé par les marchands qu'il y voyait, par leurs étalages et par l'hétéroclisme des marchandises qu'ils proposaient. Il décida alors d'une chose :
"Je vendrai, moi aussi, des biens ; des biens si rares que tous les marchands, vivants ou morts, sur ce plan ou sur un autre, les envieront."
Il apprit une multitude de langues dans cet objectif et décida de se rendre à ce qui semblait être sa première destination : Myrrhalis.
Quelque part dans l'Abysse, Vhorlask n'a jamais officiellement classé l'affaire.
TEXTE CORRIGÉ ET RETRAVAILLÉ PAR L'IA