
Level
3
Experience
11 XP
Gold:
182
Ancestry:
Skeleton
Class:
Oracle
Affiliation:
Non Affilié
Pays d'Origine:
Qaunirq
Relique:
Life
Completed:
3
Most recent:
3 days ago
Avant que son nom ne soit Sir Tibia, il était connu sous celui de Sir James, un humain d'une élégance irréprochable et d'un professionnalisme absolu. Né dans une famille modeste, il consacra sa vie à l'art du service, jusqu'à entrer au service de la prestigieuse maison Valemont, une lignée de mages aristocrates réputée autant pour son érudition que pour son excentricité.
Pendant plus de 50 ans, Sir James fut bien davantage qu'un simple domestique. Il gérait les réceptions, entretenait les laboratoires, rappelait aux archimages de manger entre deux expériences et savait, avec un calme olympien, distinguer une potion de guérison d'un acide capable de dissoudre un château. Les Valemont lui faisaient une confiance absolue.
Puis vint le jour où Sir James mourut paisiblement de vieillesse.
La famille Valemont fut profondément attristée... pendant environ cinq minutes.
Le patriarche lança alors cette phrase devenue tristement célèbre dans les archives de la famille :
« Recruter et former un nouveau majordome prendrait des décennies. Ressusciter James sera bien plus simple. »
Aucun des mages ne maîtrisait réellement la nécromancie. Ce détail fut considéré comme secondaire.
Ils entreprirent donc un rituel mêlant magie temporelle, conservation de l'âme, animation des morts et quelques théories expérimentales griffonnées dans les marges d'un grimoire. L'objectif était simple : rendre à James son corps sous forme de squelette, conserver sa personnalité et lui permettre de continuer son service pour l'éternité.
Sur le papier, c'était brillant.
En pratique... une erreur de calcul sur une rune de téléportation entra en résonance avec un ancien portail planaire enfoui sous le manoir. L'explosion magique pulvérisa le laboratoire, dispersa les composants du rituel et projeta le corps inanimé de Sir James à travers le monde...
Près de trois siècles passèrent
Sir James ouvrit finalement les yeux dans un silence absolu.
Autour de lui ne s'étendaient que neige, glace et montagnes balayées par un vent mordant. Son uniforme était en lambeaux, sa chair avait disparu depuis longtemps et il ne restait de lui qu'un squelette parfaitement articulé.
Curieusement, son esprit était intact.
Il se souvenait parfaitement de la bonne manière de dresser une table pour douze personnes, de milliers de recettes de thé... mais ignorait où il se trouvait, ce qu'était devenu son ancienne famille et pourquoi il avait attendu trois cents ans avant de se réveiller.
Il épousseta calmement une côte enneigée.
Puis il partit chercher son prochain employeur.
Ce fut ainsi qu'il rencontra Qigiq, alors déjà célèbre parmi les peuples du nord.
À cette époque, Qigiq était devenu le Doyen du Conseil des Chasseurs Anciens, gardien des traditions, stratège respecté et figure la plus influente du pays de Qaunirq. Malgré ses 71 ans, son autorité était telle que rois, chefs de clans et explorateurs recherchaient encore ses conseils avant toute décision importante.
Qigiq découvrit un squelette en train de préparer du thé au milieu d'un blizzard.
Plutôt que de s'enfuir, il accepta la tasse.
Ils discutèrent durant plusieurs heures.
Qigiq comprit rapidement que cet étrange mort-vivant n'avait rien d'un monstre. Il était poli, discret, cultivé et possédait une capacité presque surnaturelle à organiser une maison, un campement ou une expédition.
Sir James, de son côté, conclut que cet homme avait manifestement besoin d'un majordome.
Sans cérémonie particulière, il entra à son service.
Les décennies suivantes firent de Sir James une véritable institution de Qaunirq.
Il entretenait la résidence de Qigiq, recevait les ambassadeurs, organisait les réunions du Conseil, préparait les bagages des expéditions et savait rappeler avec une courtoisie implacable à un chef de guerre qu'il était inconvenant d'entrer couvert de sang dans une salle de réception.
Les chasseurs finirent par l'appeler affectueusement Sir Tibia, un surnom inspiré de ses os apparents.
Le nom lui plut.
Il l'adopta officiellement.
Au fil du temps, plus personne ou presque ne se souvenait de Sir James.
Même lui utilisait désormais naturellement le nom de Sir Tibia.
Qaunirq envoya Sir Tibia là où il ne pouvait se rendre, à Myrrhalis, afin d'étudier le Labyrinthe
Lorsque Sir Tibia arriva à Myrrhalis, il découvrit une cité dont la renommée dépassait toutes les frontières : en son centre se dressait un immense Labyrinthe, dont les profondeurs attiraient sans cesse aventuriers, érudits, mercenaires et chasseurs de trésors. Chaque jour, de nouvelles compagnies se formaient pour en explorer les mystères, tandis que d'autres en ressortaient couvertes de gloire... ou n'en ressortaient jamais. Sir Tibia comprit rapidement que cet endroit était exactement celui où Maître Qigiq l'avait envoyé. Si le doyen ne pouvait se déplacer lui-même, son majordome pouvait prêter son concours à ceux qui affrontaient les dangers du Labyrinthe et rapporter toute découverte susceptible d'intéresser Qaunirq.
Depuis lors, Sir Tibia offre ses services à une compagnie d'aventuriers à la fois. Tant que dure leur expédition, il les sert avec une loyauté exemplaire : il entretient leur équipement, prépare les camps, sert le thé lorsque les circonstances le permettent et, lorsque les monstres s'y opposent, n'hésite pas à défendre ses maîtres temporaires avec la même rigueur qu'il met à dresser une table. À l'issue de chaque aventure, il prend congé avec une révérence impeccable, puis retourne à Myrrhalis attendre la prochaine compagnie ayant besoin d'un majordome. Après tout, les groupes se succèdent, les expéditions changent... mais le devoir d'un majordome, lui, ne prend jamais fin.
Car quelles que soient les réponses à ces questions, une certitude demeure.
Sir Tibia est, a toujours été, et sera toujours...
Un majordome.