Ashurahan s'efforça longtemps d'être à la hauteur de ces attentes.
Pourtant, une question ne cessait de le troubler.
Le clan enseignait que les autres peuples, et particulièrement les humains, étaient responsables de la chute de leur ancêtre. Il leur était donc interdit d'entretenir des relations avec eux, et plus encore de leur révéler les vérités du feu sacré.
Mais cette doctrine lui semblait en contradiction avec l'histoire même d'Hinomori.
Son ancêtre n'avait jamais refusé de répondre à celui qui cherchait la vérité. Ce n'était pas la vérité qui avait causé sa chute, mais la manière dont elle avait été accueillie.
Un jour, au cours d'un voyage, Ashurahan rencontra un humain.
Au lieu de l'ignorer ou de le chasser, il prit le temps d'écouter son histoire. Touché par sa sincérité, il accepta de consulter les flammes pour lui, accomplissant exactement ce que son clan lui avait toujours interdit.
Il ne chercha pas à cacher son geste.
Lorsqu'il rentra, il raconta lui-même ce qu'il avait fait.
Pour les anciens, sa faute était impardonnable. Il avait fraternisé avec ceux que le clan considérait comme responsables de leur malédiction et avait répété l'erreur originelle de leur ancêtre : offrir la vérité à ceux qui n'étaient pas dignes de la recevoir.
Ashurahan fut alors banni.
Contraint de quitter Arakei, Ashurahan choisit de partir le plus loin possible de la terre qui l'avait vu naître.
Au cours de son errance, il croisa la route de membres de l'Œil du Monde.
Leur philosophie résonna profondément avec la sienne. Là où son clan avait choisi de protéger la vérité en l'enfermant derrière ses frontières, l'Œil du Monde cherchait à parcourir le monde pour découvrir les vérités encore inconnues.
Ashurahan décida de voyager à leurs côtés.
C'est ainsi qu'il entreprit le long voyage qui le conduisit jusqu'à Myrrhalis.