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« Quand l’ombre grandit et que l’ordre chancelle, il faut parfois qu’un feu modeste éclaire les cendres du monde. »
— Ser Valtren Dorn, fondateur du Pacte d’Aube
Le vieux royaume de Virellyn fut autrefois le bastion le plus puissant du continent d’Eldrath. Avec ses légions, ses mages impériaux, ses maîtres d'armes, et ses pactesavec les dragons, il était une autorité quasi divine sur les peuples. Mais, comme tout empire, il se minait de l’intérieur.
LL'assassinat du dernier empereur, Caelius IX, dans un complot nobiliaire, laissa le trône vacant et déclencha une série de guerres civiles entre les maisons, les provinces et les factions rebelles. En quelques années l'empire s'écroula. Les chemins n'étaient plus sûrs. Les hameaux furent délaissés ou pillés. Les monstres tapis aux frontières du monde civilisé, dans leslandes nordiques lointaines qu'on contenait jusqu'alors par les armées deVirellyn, commencèrent à s'enhardir.
DDans ce chaos naissant, un ancien capitaine des lames impériales,Valtren Dorn, rassembla une poignée de vétérans, de mercenaires, desorciers errants, de chasseurs de prime et d’exorcistes. Elles ont pour but de protéger les civils abandonnés, non par vertu, maispar nécessité vitale. Sans clients, ils n’avaient plus de revenus. Mais en se plaçant entre la peur du peuple et la lame des combattants,ils virent l’occasion de vendre la sécurité.
IDans une ancienne auberge fortifiée, au bord des ruines de Lir-Vann, petite cité détruite par les flammes de la guerre, ils établirent un code rudimentaire : chaque contrat signé au lever du soleil serait honoré. Ils l’appelèrent le Pacte de l’Aube, signe d’une aube nouvelle, à l’heure oùles ténèbres reculent.

Race : Humain
Ancienne Occupation : Capitaine de la IVe Légion Virellynoise
Né au sein d'une famille modeste des plaines de Valhros, Valtren gravit les échelons de la Légion impériale par la force, l'honneur et une certaine froideur tactique. Il était loyal jusqu'à la mort… jusqu'à ce que ses hommes soient sacrifiés par des nobles en quête de gloire. Dégoûté, blessé, il quitta la Légion et devint mercenaire. C'est dans une auberge croulante, entre deux têtes mises à prix, qu'il rencontra les premiers éclats d'une destinée inattendue.

Race : Elfe
Ancienne Occupation : Chasseuse de Sorcières, Veilleuse Gris
Maressa, élève d’un ancien cercle d’éladrins, a été bannie pour avoir usé de sa magie sur des humains… non pour les tuer, mais pour les sauver. Traîtresse pour sa propre famille, elle devint chasseuse de sorcières et briseuse de malédictions, traquant les dérives magiques dans un monde en ruines, intégrant ainsi les Veilleurs Gris.
EElle fit la connaissance de Valtren au cours d’une enquête sur lapossession d’un seigneur local par un démon mineur. Il l'aida sans demander son avis. Elle, non plus, ne dit rien.

Race : Orc
Ancienne Occupation : pisteur orque ayant fui les raids tribaux
Né esclave dans un clan orc du nord, Orm s’échappa lors d’une révolte sanglante. Il erra des années dans les bois et les montagnes, devenant un pisteur redouté, parfois guide, parfois chasseur de monstres. C’est au détour d’un canyon, traquant une meute de varghes pour quelques pièces, qu’il croisa Maressa et Valtren. Il leur sauva la vie une fois, puis une autre. On ne l’invita jamais à rester. Il décida de ne jamais repartir.

Race : Gnome
Ancienne Occupation : Magicien banni de la Tour des Arcanes
Petit de taille mais grand en esprit, Thélin fut formé à la Tour des Arcanes, bastion de magie impériale. Trop curieux, trop libre, trop rieur aussi… il fut banni pour avoir tenté de fusionner les arcanes magiques avec des artefacts interdits. Il fuyait une chasse inquisitoriale lorsqu’il tomba sur Orm, qui manqua de lui fendre le crâne. Une discussion étrange autour d’un feu de camp scella leur alliance. Valtren, d’abord méfiant, comprit vite que l’intelligence du gnome valait bien son excentricité.

Au fil des années, alors qu'Eldrath sombrait dans une ère de féodalité fragmentée, le peuple comme les petits seigneurs commencèrent à reconnaître l'efficacité du Pacte. Les bureaux locaux ne tardèrent pas à se multiplier, le plus souvent dans des auberges transformées, qui faisaient à la fois office d’hébergement, de relais et de cantonnement pour les membres itinérants.
« Nous n’étions pas des héros. Juste quatre âmes qui refusaient de mourir dans l’oubli. » — Maressa Vaelk, lors de son dernier discours au Bastion de Solvran
C’était aux Années folles, tout de suite après la Chute de Virellyn, quand les routes étaient des trappes et les forêts des charniers. Le monde subsistait encore, mais uniquement grâce à la tension de quelques fils d’acier, maintenus par des mains saignantes. Et eux… Ce n'étaient que quatre fous. Une poignée d’individus marginaux, durs et têtus comme des mules, que le destin avait rassemblés parce qu’il ne savait que faire d’eux. Ils s’étaient installés dans une vieille auberge fortifiée au milieu de nulle part, appelée « l’Écaille Rouge ». Une ruine, du vin qui avait le goût de vase, des planches qui grinçaient comme des banshees, un vieux bouc pour mascotte. Autour d’eux, dix autres paumés. Des gars qui savaient manier l’épée, mais pas tracer leur avenir. Des types avec plus de cicatrices que de souvenirs heureux. Il y avait là un ancien voleur, deux sœurs lançant mieux des couteaux que des sorts, un paladin déchu, un cuisinier cannibale repenti, à moitié tout au moins. Ce soir-là, ce soir fameux, les quatre s’étaient assis autour du feu avec deux tonneaux de vin de bruyère dérobés à un marchand. Une boisson qui vous arrache la langue et vous donne des idées. Valtren, l'homme, déjà à sa quatrième chope, droit comme sa foutue morale. Il tempêtait contre la corruption, les seigneurs incapables, les monstres livrés sans freins. La belle elfe Maressa, le regard torve, aiguisait doucement une dague enrigolant. L’orc Orm, sur une table, jouait du tambour avec un os de troll. Et le gnome Thélin... Bon sang! Il cachait du rhum dans son chapeau et griffonnait des calculs de contrats sur une peau de chèvre. Puis Valtren dit, entre deux hoquets :
« J’suis fatigué de survivre. On pourrait faire mieux. Pas juste pour nous. Pour tous ceux qui n’ont plus de roi, plus d’armée... plus rien. »
Maressa a ri.
« T’veux fonder un royaume, vieux con ? » « Non. Pas un royaume. Un pacte. »
Et puis le silence est tombé. Même le bouc avait cessé de mâcher. Thélin, posant son os, se dressa d’un coup comme s’il eût eu une révélation divine.
« Un pacte, ouais... mais pas juste entre nous. Entre ceux qui veulent se battre pour survivre... et ceux qui ont besoin d’être protégés. Un échange. Des contrats. Des règles. Une cause. »
« Et qu’est-ce qu’on jure ? »
« Qu’on se bat pour ceux qui n’ont plus personne. Qu’on prend l’or, ou le pain, ou l’avoine, mais qu’on honore la promesse. »
« Et on signe quand ? »
« À l’aube. Toujours à l’aube. » répondit Maressa. « Parce que c’est là que la peur recule. »
Thélin leva sa chope.
« Alors, qu’il soit dit, que ce soit le Pacte de l’Aube. »
Et ils burent à la même coupe. Avec du vin volé, des rêves fous, et la gueule de bois du siècle. Mais dès le surlendemain ils gravèrent le premier contrat sur une planche de chêne. Et le lendemain ils partirent tuer un basilic pour une veuve et trois chèvres. À l’aube, quatre ombres passent le seuil de l’Écaille Rouge. Le vent disperse les odeurs de vin aigre et de bois calciné. Valtren range son épée, Thélin lève les yeux vers Mars. Maressa et Orm murmurent le nom de la Morrigan. Un corbeau noir survint et vint se poser sur la branche devant eux. Il croasse, sec et précis, et tous ont la même sensation frissonnante : les étoiles les regardent.
« Qu’il nous guide… » souffle Valtren. « Qu’elle veille… » répond Maressa.
Le corbeau, battant des ailes, s’élança devant eux, et vint planer sur le chemin. Ce jour-là, le Pacte de l’Aube naquit, et le corbeau en devint l’emblème : alliance invisible entre la force, la ruse et la promesse faite à ceux qui n’ont plus rien.
« Et aujourd’hui, p’tit, tu passes devant une taverne avec le soleil peint sur l’enseigne, tu sais que t’y es en sécurité. Tu peux dormir, manger, ou poster un contrat. Tout ça... à cause de quatre soûlards qui ont décidé qu’on pouvait faire mieux. » « Et si t’as du cran, t’y entres. Tu signes ton nom. Et tu marches dans leurs pas. »

Le Pacte de l’Aube n’est plus une simple guilde de combattants. C’est aujourd’hui une confrérie internationale semi-militaire et mercenaire, dotée d’un immense réseau d’auberges-forteresses, d’une bureaucratie efficace, d’un culte de l’honneur structuré... et d’une influence politique difficilement égalée.
Mais il a conservé un aspect central de son origine : l’échange entre protection et rémunération, dans le cadre d’un contrat sacré. Chaque engagement est un serment. Chaque contrat, un pacte d’honneur.
Dirigé par neuf Hauts-Sentinelles, élus parmi les vétérans les plus respectés du monde entier. Ce conseil siège dans la Citadelle de Solvran, sur les ruines mêmes de l’auberge originelle.
Chaque membre incarne une branche d’expertise :
Chaque grande ville possède une filiale, souvent sous la forme d’une auberge fortifiée appelée Maison Solare. On y trouve :
La plupart sont indépendantes dans leur fonctionnement, mais rendent compte au Cénacle.
Le Pacte suit une hiérarchie rigoureuse, gravée dans les rites d’initiation :
Les grades sont obtenus par faits d’armes, par parrainage ou épreuves spéciales, notamment dans le Labyrinthe.
À Hyrodim,
pour que les aventures de Jack, Hugette et Darion
continuent de résonner un peu,
à l’image de ces personnages qu’ils ont inspirés.