Dans sa main repose un lourd warhammer à deux faces, dont la tête d'acier est sculptée pour évoquer une montagne fendue par la foudre. Cette arme n'a pas été conçue pour la finesse, mais pour écraser les armures, réduire les os en poussière et renvoyer les morts à leur repos éternel. Chaque coup est précis, méthodique et d'une puissance redoutable.
Par-dessus son armure, Kjeldr porte une épaisse cape de fourrure de loup gris, usée par les vents glacés de Skarnheim. À sa ceinture sont accrochés quelques effets personnels : une pierre à aiguiser, un nécessaire d'entretien pour son armure et ses armes, une petite bourse contenant de la poussière runique et un médaillon de Tyr qu'il serre discrètement dans sa main avant chaque affrontement.
Malgré sa stature intimidante et son équipement impressionnant, Kjeldr ne dégage aucune agressivité. Il parle peu, toujours d'une voix grave et posée, préférant écouter avant de s'exprimer. Chaque mot est soigneusement pesé, comme s'il refusait de prononcer une parole qu'il ne pourrait assumer. Il ne cherche ni la gloire, ni les richesses, ni les honneurs ; il estime que la plus grande récompense d'un gardien est de voir ses compagnons rentrer vivants.
Ceux qui ont combattu à ses côtés l'ont surnommé « Le Mur de Tyr ». Ce titre ne provient pas seulement de son incroyable résistance, mais de sa manière d'affronter le danger. Là où d'autres chargent pour vaincre leurs ennemis, Kjeldr s'avance pour leur barrer le passage. Il est le premier à entrer dans la mêlée, le dernier à reculer et celui qui accepte sans hésiter de recevoir les coups destinés aux autres.
Pour Kjeldr, un gardien ne mesure pas sa valeur au nombre d'ennemis qu'il abat, mais au nombre de vies qu'il parvient à préserver. Cette conviction guide chacun de ses pas, tandis qu'au plus profond de lui demeure une inquiétude silencieuse : depuis qu'il a vu les Draugr quitter leurs tertres, il est persuadé que les royaumes des vivants et des morts perdent peu à peu leur frontière. Aussi longtemps qu'il respirera, il se dressera entre ces deux mondes, fidèle à son serment de protéger ceux qui ne peuvent plus se défendre eux-mêmes.