Duayne lui a offert une petite amulette, une gemme violette, une sorte d’améthyste montée sur un fil simple renforcé avec des matériaux de Vanyao et des éléments récupérés dans un labyrinthe. Ce n’était pas un artefact puissant, juste un porte-bonheur. Un objet qu’on garde sur soi quand on entre dans les labyrinthes, là où tout peut se perdre, même le fil des pensées. Vanem l’a gardée sans jamais la retirer
Puis un jour, lors d’une exploration dans un labyrinthe de Vanyao, ils ont rencontré quelque chose. Une présence. Vanem ne sait plus exactement ce que c’était. Le souvenir est complètement brisé, comme absent de sa mémoire. Il sait seulement qu’à ce moment-là, Duayne avait changé de comportement, comme s’il avait compris quelque chose de grave ou d’important.
Après cet événement, Vanem a été retrouvé seul, inconscient, en dehors du labyrinthe. Duayne avait disparu sans laisser de trace. Aucun corps, aucune preuve claire, seulement une absence totale. Et le plus étrange, c’est que Vanem n’avait plus aucun souvenir de lui. Leur relation entière, leurs années de travail, leur lien… tout avait été effacé de sa mémoire à cause de ce qui s’était passé dans le labyrinthe.
Ce n’est que plus tard, en consultant les récits des habitants et en passant par les chamans de Vanyao, que Vanem a commencé à reconstruire une partie de ce qui avait été perdu. Ici, il n’existe pas de véritables registres : les événements vivent surtout dans la mémoire collective et dans la communion avec les esprits, guidée par les matriarches et les figures spirituelles. Et c’est à travers ces récits fragmentés, ces impressions instables et ces échos transmis par les esprits que Vanem a redécouvert Duayne . Une existence réelle, mais difficile à fixer, comme si même la mémoire du monde hésitait à le retenir
L’amulette de Vanem en est la seule trace tangible.
Mais cet événement a changé sa nature. Sans être un objet magique au sens strict, il semble désormais influencer légèrement le déroulement des choses autour de lui. Des coïncidences trop justes, des issues qui basculent dans un sens inattendu, des chemins qui se débloquent comme s’ils avaient toujours été là. Rien de direct, rien de contrôlable, mais une impression constante que les événements glissent autour de lui d’une manière étrange.
Et plus Vanem recoupait les informations, plus il réalisait qu’il manquait quelque chose d’essentiel. Un trou précis dans son esprit, lié à cette exploration.
C’est en cherchant des réponses que Vanem a fini par consulter un chaman de Vanyao, un homme nommé Laris Cane, connu pour sa capacité à écouter les esprits.
Lors de leur rencontre, Laris Cane entre en communion avec les esprits de Vanyao. Dans cette transe, il perçoit autour de Vanem quelque chose d’anormal et difficile à stabiliser. Il décrit les murmures comme :
<<des sons qui essayent d’atteindre Vanem, mais comme bloqués par une force inconnue>>
C’est aussi à travers cette communion que Laris Cane révèle qu’il a connu Duayne. Il se souvient de lui, de leurs échanges liés aux labyrinthes, et surtout d’une dernière conversation, peu avant leur expédition :
<<Nous allons bientôt finaliser notre expérience dans un labyrinthe. J’espère découvrir de quoi régler notre problème.>>
Puis Laris Cane ajoute à Vanem, avec une certitude lourde :
<<Il ne mentionnera jamais de quel problème exact il s’agit… mais il a un lien direct avec toi, Vanem.>>
C’est après cette rencontre que les murmures commencent réellement à se manifester pour Vanem.
Des fragments de pensées, des échos incomplets, parfois liés à Duayne, parfois à des scènes de recherche ou d’exploration. Comme si quelque chose en lui essayait de reconstruire ce qui avait été effacé.
Et en suivant ces pistes, en croisant les données des Chamans et les anomalies des labyrinthes, une direction revenait toujours : le Labyrinthe de Myrrhalis. C’est là-bas que Vanem a décidé d’aller, pour comprendre ce qui a été effacer et retrouver ce qui a été perdu.
Une chose est certaine.
Quelqu'un, ou quelque chose, a voulu effacer Duayne de son esprit.
Et Vanem compte bien découvrir pourquoi.