Mais Ottah ne mourut pas. Son essence fut déchirée, dispersée, comme arrachée à elle-même. Privé de son réceptacle, il perdit la majorité de son pouvoir et de sa stabilité. Mais Ottah voulait vivre de tout son être, il souhaitait pouvoir se venger de ce Khem qui l’avait condamné. Ce vœu de vivre maintint Ottah sous forme d’esprit. Ce qu’il restait de lui erra, affaibli, jusqu’à atteindre une ville de Kadeshar. Là, dans une rue oubliée, il trouva refuge dans une vieille poupée abandonnée. C’est ainsi qu’il survécut.
Ottah n’est plus le génie qu’il était. Il ne peut plus exaucer de véritables vœux. Sa magie est instable, limitée, et souvent imprévisible. Il reste en lui des traces de son ancien pouvoir, mais ils sont faibles et difficiles à contrôler. Il est désormais lié à un corps fragile, bien loin de ce qu’il était autrefois.
Ottah ne cherche pas à retrouver des fragments. Il veut retrouver ce qu’il était. Il est convaincu qu’il existe, quelque part dans Khepra, un artefact capable de restaurer ce qui a été brisé, pas seulement sa puissance, mais son essence entière. Pour cela, il se met en route vers Myrrhalis, la cité du Labyrinthe. Un lieu où les objets anciens circulent, où les secrets s’accumulent, et où certains disent que même ce qui a été perdu peut être restauré.
Khem, de son côté, cherche un moyen de briser les effets des vœux qu’il a souhaités. Il est persuadé d’avoir détruit le génie. Pour lui, Ottah n’est plus qu’un souvenir, une erreur effacée dans le sable de Mar’Zet. Mais il se trompe. Car quelque part, dans une poupée oubliée, une conscience subsiste encore. Ottah n’a pas oublié. Un jour, lorsqu’il aura retrouvé ses pouvoirs d’antan, il reviendra. Et cette fois, ce sera pour un vœu de vengeance.