Gold:
80
Ancestry:
Poppet
Class:
Sorcerer
Affiliation:
Non Affilié
Pays d'Origine:
Kadeshar
Completed:
2
Most recent:
18 days ago
Ottah, le Génie réfugier
Dans les ruines anciennes du désert de Mar’Zet, à l’ouest de l’empire de Kadeshar, un sorcier nommé Khem cherchait à échapper au destin. Dans une culture où les étoiles dictent l’avenir, il refusait d’attendre leur jugement. Il voulait savoir, et surtout, contrôler. C’est dans un temple enseveli qu’il trouva une lampe ancienne. En la réveillant, il libéra Ottah, un génie capable d’exaucer les vœux.
Khem déclara qu’il voulait connaître l’avenir. Ottah exauça le souhait, mais pas comme il l’espérait. Au lieu d’une vision claire, Khem se mit à voir plusieurs futurs proches en même temps. Chaque décision ouvrait de nouvelles possibilités, et chacune apparaissait devant lui comme si elle était réelle. Très vite, il ne sut plus distinguer ce qui allait réellement se produire. Chaque choix devenait incertain, chaque action semblait fausse. Dans un empire où l’on croit comprendre le destin à travers les étoiles, Khem venait de perdre toute capacité à s’y fier.
Affaibli par le premier vœu, Khem formula un second souhait : obtenir la gloire éternelle. Ottah exauça le vœu. Le nom de Khem commença à se répandre à travers Kadeshar. On parlait de lui dans les cités, dans les marchés, jusque dans les cercles des prêtres et des astrologues. Mais cette renommée ne venait pas de ses réussites. Elle venait de ses erreurs. Ses visions confuses, ses décisions incohérentes, et les conséquences de ses actes alimentaient rumeurs et récits. Chaque histoire déformait un peu plus la réalité, mais toutes avaient un point commun : son nom. Plus il tentait de corriger son image, plus il attirait l’attention. Plus il agissait, plus sa réputation grandissait… sans jamais devenir celle qu’il désirait. Et surtout, cette gloire ne pouvait pas disparaître. Même en se cachant, même en fuyant, son nom continuait de circuler. Khem était devenu incapable d’être oublié.
Après une semaine de visions incontrôlables et d’une réputation qui lui échappait totalement, Khem comprit une chose : le problème venait du génie, ses vœux n’avaient rien de complexe mais le génie avait trouvé un moyen de les retourner contre lui. Dans un accès de colère, il formula son dernier vœu : que la lampe soit brisée. Cette fois, Ottah hésita. Il savait ce que cela impliquait. Briser la lampe ne le libérerait pas. Cela le détruirait. Il tenta de prévenir Khem, de l’arrêter, mais le lien qui les unissait ne lui laissait aucun choix. Il fut obligé d’obéir. La lampe se brisa.
Mais Ottah ne mourut pas. Son essence fut déchirée, dispersée, comme arrachée à elle-même. Privé de son réceptacle, il perdit la majorité de son pouvoir et de sa stabilité. Mais Ottah voulait vivre de tout son être, il souhaitait pouvoir se venger de ce Khem qui l’avait condamné. Ce vœu de vivre maintint Ottah sous forme d’esprit. Ce qu’il restait de lui erra, affaibli, jusqu’à atteindre une ville de Kadeshar. Là, dans une rue oubliée, il trouva refuge dans une vieille poupée abandonnée. C’est ainsi qu’il survécut.
Ottah n’est plus le génie qu’il était. Il ne peut plus exaucer de véritables vœux. Sa magie est instable, limitée, et souvent imprévisible. Il reste en lui des traces de son ancien pouvoir, mais elles sont faibles et difficiles à contrôler. Il est désormais lié à un corps fragile, bien loin de ce qu’il était autrefois.
Ottah ne cherche pas à retrouver des fragments. Il veut retrouver ce qu’il était. Il est convaincu qu’il existe, quelque part dans Khepra, un artefact capable de restaurer ce qui a été brisé, pas seulement sa puissance, mais son essence entière. Pour cela, il se met en route vers Myrrhalis, la cité du Labyrinthe. Un lieu où les objets anciens circulent, où les secrets s’accumulent, et où certains disent que même ce qui a été perdu peut être restauré.
Khem, de son côté, cherche un moyen de briser les effets des vœux qu’il a souhaités. Il est persuadé d’avoir détruit le génie. Pour lui, Ottah n’est plus qu’un souvenir, une erreur effacée dans le sable de Mar’Zet. Mais il se trompe. Car quelque part, dans une poupée oubliée, une conscience subsiste encore. Ottah n’a pas oublié. Un jour, lorsqu’il aura retrouvé ses pouvoirs d’antan, il reviendra. Et cette fois, ce sera pour un vœu de vengeance.