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Level
4
Experience
12 XP
Gold:
244
Ancestry:
Nymph
Class:
Necromancer
Affiliation:
Non Affilié
Pays d'Origine:
Skarnheim
Relique:
Plant
Completed:
1
Most recent:
26 days ago
Je m’appelle Ölrun Hrafnvín…
ou peut-être que je me souviens mal.
Non. Je m’appelle ainsi.
C’est ce que les vignes disaient quand je suis née, quelque part au nord de Skiel, dans les terres froides de Skarnheim.
Un verger sauvage.
Des ceps libres.
Des bras de bois qui s’entrelacent comme des amantes oubliées.
On disait que c’était un lieu sans maître. Mais c’était faux. La terre avait déjà choisi ses prêtresses.
Et j’étais la plus jeune.
Mes sœurs étaient belles.
Elles riaient comme la sève qui monte au printemps. Elles m’apprenaient les secrets des racines, des vents, des gestes qui font plier la nature sans la briser.
Je n’étais pas la plus douée.
Enfin… pas pour tout.
Les fleurs m’écoutaient à moitié.
Les arbres me toléraient.
Mais les champignons…
ah.
Les champignons, eux, me répondaient.
On fabriquait là le vin du Corbeau.
Hrafnvín.
Un vin noir, servi aux morts pour qu’ils n’aient pas trop peur du chemin.
Je l’ai goûté jeune. Trop jeune peut-être. Ou exactement au bon moment.
Je me souviens de la chaleur.
Et du silence après.
Il y a des silences qui ne devraient pas être bus.
L’hiver est venu.
Je ne sais pas si c’était un vrai hiver ou si la terre elle-même avait décidé de se fermer.
La neige a couvert le verger longtemps. Trop longtemps.
Quand le printemps est revenu… quelque chose était cassé.
Rauðveig est tombée malade.
Ma sœur.
Je voulais la sauver.
Je le jure. Je le jure même maintenant, même si personne n’écoute.
Je me souviens de ce moment.
Ou plutôt… je me souviens du début du moment.
Et après, ça devient flou.
Il y a toujours un moment où ça devient flou.
L'odeur du vin dans mon sang.
La terre qui respire trop fort.
Les chants de mes sœurs qui deviennent des cris.
Et moi… au centre.
Toujours au centre.
Je crois que j’ai voulu ouvrir quelque chose.
Ou appeler quelque chose.
Ou demander trop fort.
Les champignons ont répondu.
Les lignivores.
Je ne savais même pas que ce mot existait avant qu’ils ne commencent à manger le bois vivant.
Le verger a crié.
Je n’oublierai jamais ça.
Après… il y a eu la vendange.
Rouge.
Pas rouge comme un fruit.
Rouge comme une erreur qui ne se referme pas.
Le vin tuait ceux qui le buvaient. Mais ils buvaient quand même.
Les hommes sont comme ça. Ils boivent même quand la terre hurle.
Et mes sœurs…
Je les ai vues se relever.
Ou peut-être que c’est moi qui les ai relevées.
Je ne sais plus.
Elles avaient de la mousse dans la gorge. Des racines dans les côtes. Elles m’entouraient.
Toujours autour de moi.
Comme si je devais rester au centre.
Puis je suis partie.
Je crois que c’est la seule chose que j’ai faite clairement.
Partir.
J’ai rencontré un vieil homme.
Un fou, disaient les autres.
Mais les autres disent beaucoup de choses.
Il m’a parlé d’un endroit.
Un endroit où les morts reviennent vraiment.
Pas en rêve.
Pas en souvenir.
Vraiment.
Et à ce moment-là…
je crois que j’ai ri.
Ou pleuré.
Ou bu.
Peut-être les trois.
Parce que si mes sœurs peuvent revenir…
alors peut-être que je ne suis pas une erreur.
Peut-être que je suis juste…
quelque chose qui n’a pas encore compris comment faire pousser les choses correctement.
Mais je sens parfois…
le vin revient.
Sans coupe.
Sans veillée.
Il monte doucement.
Et quand il est là…
je ne suis plus tout à fait moi.
Alors dites-moi…
si je les ramène…
est-ce que je serai pardonnée ?