
Level
2
Experience
0 XP
Ancestry:
Demons
Class:
Cleric
Affiliation:
Non Affilié
Pays d'Origine:
Arakei
Relique:
Légendaire
Upcoming:
1
Je ne me souviens plus du nom que je portais autrefois.
Les siècles l'ont emporté comme la marée efface les empreintes laissées sur le sable au matin.
Je ne poursuis plus son souvenir, car certaines fleurs ne refleurissent jamais.
Depuis lors, je marche sous un nom qui m'a été offert.
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Je suis née dans les Abysses, où les ronces sont cultivées comme des cerisiers.
J'y appris que le mensonge pouvait revêtir le parfum d'une fleur et que la cruauté pouvait porter un visage souriant.
Nul ne m'enseigna la différence entre une caresse et une chaîne.
Le corbeau ne regrette pas la couleur de ses plumes lorsqu'il n'a jamais vu le cygne.
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Un mage ouvrit un sentier jusqu'à moi depuis les profondeurs du Labyrinthe des Vœux.
J'acceptai son contrat comme le renard accepte un morceau de viande, persuadée d'être la plus rusée des deux.
Je croyais tenir son destin entre mes griffes tandis qu'il croyait tenir le mien entre ses mains.
Nous ignorions tous deux que le Labyrinthe riait déjà de notre orgueil.
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Avant même que le rituel ne s'achève, le Labyrinthe y grava sa volonté.
Lorsque le dernier souffle du mage quitta ses lèvres, les Abysses ne répondirent plus aux miennes.
Le contrat s'effaça comme l'encre sous la pluie, mais ses chaînes demeurèrent.
Elles lièrent mon destin au Labyrinthe, comme la lune demeure à jamais prisonnière du reflet qu'elle abandonne sur l'eau.
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Je traversai les étages du Labyrinthe comme un incendie que nul orage ne parvient à éteindre.
Les royaumes naissaient des rêves des mortels, mais partout où mes pas se posaient, la terre devenaient cendres.
Je crus longtemps que le sang apaiserait ma colère ; il ne fit qu'approfondir mon silence.
Lorsqu'il ne resta plus personne à haïr, je découvris que la solitude possède des griffes plus acérées que les miennes.
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Les printemps cessèrent de me compter parmi les leurs.
Mes ailes oublièrent le vent, mes pouvoirs oublièrent leur éclat, et mon âme se couvrit d'une mousse que même le temps ne parvenait plus à arracher.
Je continuais d'avancer comme une feuille morte portée par une rivière sans embouchure.
Ainsi s'effaça peu à peu la démone que j'avais été.
-
Alors que mon cœur ressemblait à un jardin abandonné, je rencontrai Daichi Shimizu.
Je m'approchai de lui comme la ronce enlace le vieux pin, espérant lui voler sa force.
Pourtant, il m'offrit son ombre sans jamais craindre mes épines.
C'est ainsi qu'une branche desséchée découvrit qu'elle pouvait encore porter une feuille.
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Deux années tombèrent dans ma vie comme les pétales d'un cerisier sur une terre brûlée.
Il m'enseigna les armes, les arts, les chants et les prières avec la patience d'un jardinier qui n'attend pas de voir fleurir l'arbre qu'il plante.
Je voulais apprendre à le tromper, mais j'appris à me connaître.
Sans bruit, une lumière trouva un chemin jusque dans les profondeurs de mon cœur.
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Daichi comprit que les chaînes du Labyrinthe ne pouvaient être rompues.
Il me fit franchir le seuil d'un autre monde en enfermant mon âme dans une toile.
Puis il me confia son nom comme on offre une lumière à celui qui marche dans la nuit.
Depuis ce jour, je suis Dakki Shimizu.
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Cent vingt-sept fois les cerisiers offrirent leurs fleurs au vent sans que je puisse en respirer le parfum.
Mon âme demeura enfermée dans la toile, hors du temps comme une graine endormie sous la neige.
Lorsque j'ouvris enfin les yeux, le monde était déjà devenu un autre.
Pourtant, mon dernier souvenir portait encore le visage de Daichi.
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Des voyageurs découvrirent un jour la galerie oubliée d'une démone collectionneuse.
Lorsque les deux statues gardiennes tombèrent en poussière, leur chute brisa ma torpeur et mon âme quitta enfin la toile.
Ils m'emportèrent, inconsciente, sans jamais connaître le secret de mon existence.
Lorsque mes yeux s'ouvrirent de nouveau, le Labyrinthe n'était déjà plus qu'un souvenir.
-
Une larme de jade repose contre mon cœur depuis le jour où elle me fut confiée.
J'ai entendu dire que les reliques ne se trompent jamais de voyageur.
La mienne est venue à moi par un chemin dont je ne comprends toujours pas le sens.
Pourtant, lorsque je tourne les yeux vers ses profondeurs, il me semble parfois que quelqu'un poursuit encore un voyage qui aurait dû être le mien.