**Background**
Un milieu de journée classique à Myrrhalis : la chaleur, le va et vient des passants, les cris des marchands, les rires et les rixes des aventuriers. Tous vont et viennent à leurs occupations, ne portant pas attention à l'individu debout dans une ruelle, observant nerveusement la foule et cherchant un moment propice pour s'extirper des ombres. Le fait qu'il soit parvenu aussi loin dans la ville, à proximité des guildes, reste un exploit. Malgré ses efforts pour cacher son visage, les multitudes de précautions prises, son instinct le pousse toujours à courir. Quitter cette ville, retourner dans la jungle. Un combat qui fait rage depuis plusieurs jours, contré uniquement par cette conviction, ce feeling qu'il est bien là où il doit être.
Le chemin a été long jusque-là.
Un an. Un an depuis qu'il est sorti de cette grotte au fin fond de la jungle du Vanyao. Comme une étrange naissance dans un monde inconnu, où sa première expérience se résume à chaleur, humidité et insectes. Il ne sait pas qui il est, il ne sait pas ce qu'il est. Il est juste là, déboussolé par toutes ces agressions sensorielles qui lui crament le cerveau ; la peur, la faim, l'incompréhension, tout se mélange. Il se souvient avoir crié, longtemps, avant de perdre connaissance.
Il se revoit fouiller des cadavres à proximité, réduits à l'état d'ossements. La mystérieuse grotte a disparu, ne laissant que ces restes derrière elle. Une armure entaillée, une arme rouillée, des habits dépareillés, il récupère ce qu'il peut. Certains dégagent une aura familière, mais il n'y prête pas tant attention que ça. Un anneau en jade sort du lot, qu'il retire sans remort à une main encore accrochée à une autre ; dès lors, un sentiment de malaise s'abat sur lui, comme s'il était observé, comme si les lieux étaient maudits. Il ne traine pas, ramasse ce qu'il peut et s'en va.
Les premières semaines sont difficiles, survivant dans la jungle comme un nouveau-né, à tout apprendre sur le tas. Il se découvre un talent latent à l'épée, et une attention hors norme à ce qui l'entourent. Préférant les ombres et la discrétion, ses chasses le mène à la rencontre de la civilisation, où les habitants le prennent dans un premier temps pour un esprit. Vu son aspect physique et ses habits, ils peuvent être excusés pour ces pensées ; même lui en se voyant pour la première fois n'y avait pas vraiment cru. Les relations se passent cependant bien, renforcées lorsqu'à plusieurs reprises il débarrasse le coin de bandits et créatures indésirables. Une pulsion presque irrésistible de défendre ces gens, alors même que son instinct le pousse à les éviter.