Karasu, Hinata, Akodo et moi-même sommes repartis en quête suite à la sollicitation de l’organisation nommée l’Œil du Monde. L’objectif était simple : escorter un groupe de marchands jusqu’à la capitale de Namereth, en direction de l’ouest depuis notre bel oasis, afin de faire le plein de vivres et de poudre alchimique pour célébrer la fin du festival avec de magnifiques feux d’artifice.
En apparence, rien de bien compliqué : simplement traverser le désert pendant vingt-huit jours. Mais nous avions déjà accompli pire pour venir jusqu’ici.
Au lieu de rendez-vous, Leila la quêtatrice, accompagnée de Sir Cornelius, nous présenta nos compagnons de route : Orzak, un orc débrouillard accompagné de sa monture, une sorte de vélociraptor cornu, et Perzou, un halfling et son petit corbeau Michael. Quelle étrange troupe… mais au moins, les deux oiseaux pourront peut-être s’entendre.
Les marchands nous rejoignirent également sur la place, accompagnés de leurs quatre chameaux ou devrais-je dire, nos futurs sauveurs…
Avant de partir pour ce long voyage, nous avons fait quelques provisions : des réserves d’eau, des rations, ainsi que des vêtements adaptés pour traverser le désert pour ceux qui n’en avaient pas encore.
Il était temps de se mettre en route.
Je ne sais pas si c’est encore la fatigue du long voyage depuis Arakei qui me poursuit, mais j’ai bien failli compromettre la mission par mon manque d’efficacité tout au long de ce qui allait suivre.
Premier échec de ma part, qui a failli mettre Akodo en danger alors qu’il ouvrait la marche. Mon manque de vigilance ne m’a pas permis d’anticiper le combat qui suivit. À ce jour, il s’agit de la pire créature que j’ai rencontrée : des fougères d’acier, des plantes recouvertes d’une couche métallique les rendant extrêmement résistantes… et terriblement dangereuses.
Un véritable carnage.
Le seul coup que j’ai réussi à porter à l’une de ces plantes n’a eu presque aucun effet. Sous le choc et sans doute à cause de la fatigue j’ai manqué absolument toutes mes autres attaques. Orzak, lui, parvint à affaiblir légèrement l’une des créatures grâce à d’étranges potions. Mais, une fois encore, c’est Akodo qui a tenu le front, encaissant les coups pour le groupe. Le reste du groupe n’a pas été beaucoup plus efficace que moi.
Hinata eut alors la bonne idée de proposer une retraite stratégique. Les plantes étant particulièrement lentes, c’était la meilleure décision à prendre. Nous avons couru jusqu’aux chameaux, aidé les marchands à monter, et réussi à distancer ces abominations.
Nous avons ensuite trouvé un point de halte prévu pour les caravanes, en plein désert, juste avant qu’une violente tempête de sable ne s’abatte sur nous et nous immobilise complètement.
Après qu’Hinata eut soigné le groupe, merci les dons que lui confère sa déesse Amaterasu, nous avons pu nous reposer. Karasu prit le premier tour de garde.
Ce fut ensuite mon tour… mais la fatigue était encore trop forte. En plein milieu de ma garde, je me suis effondré d’épuisement au cœur du camp, au point de me faire recouvrir de sable par la tempête. Rien de grave, heureusement. Je fus finalement réveillé par un coup d’épée dans les fesses, porté par Akodo, qui m’avait pris pour une créature tapie sous le sable… Il prit la relève pour me laisser terminer ma nuit à l’abri dans la tente.
Au réveil, j’appris que le pauvre Perzou ainsi que les marchands s’étaient fait voler la moitié de leurs rations par un groupe de hyènes. Je ne leur en veux pas vraiment, la vie est dure dans le désert, elles font ce qu’elles peuvent pour survivre. Au moins, personne n’a été blessé.
Hinata nous apporta également une information inquiétante concernant les plantes. Elles seraient des envoyées de Susanoo, ennemi de sa déesse. C’est la seule explication possible à leur puissance et à leur agressivité.
Le reste du voyage se déroula sans encombre. Nous atteignîmes la capitale, achetâmes ce qui était nécessaire pour la quête, puis refîmes nos provisions afin de compenser les pertes causées par les hyènes. Pour le retour, nous avons pris soin d’éviter la route infestée de plantes, ce qui nous permit de rentrer sans danger.
Livraison réussie.
Il est temps pour moi de me reposer, afin de redevenir efficace et ne plus être un poids pour le groupe. Voir l’un d’eux tomber par ma faute serait inacceptable…
Je ne t’oublie pas non plus, petite sœur.
Je trouverai un remède pour toi, quoi qu’il en coûte.