Orphelin n’ayant jamais connu mes parents, après avoir été abandonné à la naissance, mais faisant preuve d’un certain talent pour la danse, j’essayais de survivre dans les rues d’Arakei en donnant des spectacles de rue.
Un jour, lors d’une représentation, mon charme naturel et mon talent attirèrent l’œil de Abe Kōbei qui, voyant en moi un certain potentiel, décida de m’adopter et de me prendre sous son aile. Marchand bourgeois influent, il m’apprit les codes de la haute société, ainsi que la manière d’utiliser mes compétences naturelles pour charmer, manipuler et combattre, en me guidant vers l’utilisation des éventails, qui permettraient de faire briller mon art. En m’adoptant, il me donna son nom, et c’est ainsi que je devins Rei Kōbei.
Étant profondément redevable envers mon père et sa fille, Oharu, que je considère comme ma petite sœur, je fus durement touché lorsque cette dernière tomba malade d’un mal que même les soigneurs et médecins au service d'Abe ne parvinrent pas à guérir. Face à leur impuissance, et craignant de perdre sa fille, il décida alors d’organiser une expédition vers le labyrinthe de Myrrhalis dans l’espoir d’y trouver un remède.
N’hésitant pas un seul instant, je décidai de me joindre à cette expédition, bien décidé à tout faire pour sauver celle que je considère comme ma sœur de cœur.
Jouant mon rôle au sein du navire, je me fis quelques amis : Karasu, un marin émérite, ainsi que Hinata. Tous les trois, nous apprîmes, au détour d’une conversation sur le bateau, que le reste de l’équipage ainsi qu’un grand nombre de partisans de Kawaguchi Shōzō, l’apprenti de mon père, étaient en train d’appliquer une manigance préparée depuis des années contre lui...
Karasu, Hinata, Akodo et moi-même sommes repartis en quête suite à la sollicitation de l’organisation nommée l’Œil du Monde. L’objectif était simple : escorter un groupe de marchands jusqu’à la capitale de Namereth, en direction de l’ouest depuis notre bel oasis, afin de faire le plein de vivres et de poudre alchimique pour célébrer la fin du festival avec de magnifiques feux d’artifice.
En apparence, rien de bien compliqué : simplement traverser le désert pendant vingt-huit jours. Mais nous avions déjà accompli pire pour venir jusqu’ici.
Au lieu de rendez-vous, Leila la quêtatrice, accompagnée de Sir Cornelius, nous présenta nos compagnons de route : Orzak, un orc débrouillard accompagné de sa monture, une sorte de vélociraptor cornu, et Perzou, un halfling et son petit corbeau Michael. Quelle étrange troupe… mais au moins, les deux oiseaux pourront peut-être s’entendre.
Les marchands nous rejoignirent également sur la place, accompagnés de leurs quatre chameaux ou devrais-je dire, nos futurs sauveurs…
Avant de partir pour ce long voyage, nous avons fait quelques provisions : des réserves d’eau, des rations, ainsi que des vêtements adaptés pour traverser le désert pour ceux qui n’en avaient pas encore.
Il était temps de se mettre en route.
Je ne sais pas si c’est encore la fatigue du long voyage depuis Arakei qui me poursuit, mais j’ai bien failli compromettre la mission par mon manque d’efficacité tout au long de ce qui allait suivre.
Premier échec de ma part, qui a failli mettre Akodo en danger alors qu’il ouvrait la marche. Mon manque de vigilance ne m’a pas permis d’anticiper le combat qui suivit. À ce jour, il s’agit de la pire créature que j’ai rencontrée : des fougères d’acier, des plantes recouvertes d’une couche métallique les rendant extrêmement résistantes… et terriblement dangereuses.
Un véritable carnage.
Le seul coup que j’ai réussi à porter à l’une de ces plantes n’a eu presque aucun effet. Sous le choc et sans doute à cause de la fatigue j’ai manqué absolument toutes mes autres attaques. Orzak, lui, parvint à affaiblir légèrement l’une des créatures grâce à d’étranges potions. Mais, une fois encore, c’est Akodo qui a tenu le front, encaissant les coups pour le groupe. Le reste du groupe n’a pas été beaucoup plus efficace que moi.
Hinata eut alors la bonne idée de proposer une retraite stratégique. Les plantes étant particulièrement lentes, c’était la meilleure décision à prendre. Nous avons couru jusqu’aux chameaux, aidé les marchands à monter, et réussi à distancer ces abominations.
Nous avons ensuite trouvé un point de halte prévu pour les caravanes, en plein désert, juste avant qu’une violente tempête de sable ne s’abatte sur nous et nous immobilise complètement.
Après qu’Hinata eut soigné le groupe, merci les dons que lui confère sa déesse Amaterasu, nous avons pu nous reposer. Karasu prit le premier tour de garde.
Ce fut ensuite mon tour… mais la fatigue était encore trop forte. En plein milieu de ma garde, je me suis effondré d’épuisement au cœur du camp, au point de me faire recouvrir de sable par la tempête. Rien de grave, heureusement. Je fus finalement réveillé par un coup d’épée dans les fesses, porté par Akodo, qui m’avait pris pour une créature tapie sous le sable… Il prit la relève pour me laisser terminer ma nuit à l’abri dans la tente.
Au réveil, j’appris que le pauvre Perzou ainsi que les marchands s’étaient fait voler la moitié de leurs rations par un groupe de hyènes. Je ne leur en veux pas vraiment, la vie est dure dans le désert, elles font ce qu’elles peuvent pour survivre. Au moins, personne n’a été blessé.
Hinata nous apporta également une information inquiétante concernant les plantes. Elles seraient des envoyées de Susanoo, ennemi de sa déesse. C’est la seule explication possible à leur puissance et à leur agressivité.
Le reste du voyage se déroula sans encombre. Nous atteignîmes la capitale, achetâmes ce qui était nécessaire pour la quête, puis refîmes nos provisions afin de compenser les pertes causées par les hyènes. Pour le retour, nous avons pris soin d’éviter la route infestée de plantes, ce qui nous permit de rentrer sans danger.
Livraison réussie.
Il est temps pour moi de me reposer, afin de redevenir efficace et ne plus être un poids pour le groupe. Voir l’un d’eux tomber par ma faute serait inacceptable…
Je ne t’oublie pas non plus, petite sœur.
Je trouverai un remède pour toi, quoi qu’il en coûte.
Malgré la fatigue du voyage jusqu’au labyrinthe, il était temps de prendre nos marques avec Karasu, Hinata et son garde du corps, Akodo. Il était temps de se mettre au travail et de réaliser notre première quête, aussi bien pour récupérer un peu d’argent que pour chercher des informations pour notre mission à Myrrhalis.
Après avoir entendu parler d’un problème de « bêtes féroces », nous nous sommes rendus tous les trois sur la place pour rencontrer la commanditrice de la quête, Alina. Elle nous a remis une carte des routes où aller vérifier la présence, ou non, de monstres afin d’assurer la sécurité des personnes quittant la ville ou voyageant vers celle-ci. Les informations fournies étaient très limitées, mais suffisantes pour nous mettre en route.
Heureusement peut-être, vu le danger qui nous attendait, nous n’étions pas les seuls sur cette quête. Deux nouveaux compagnons se sont joints à nous : Almy, une petite Catfolk barde, un peu distante et silencieuse, qui aime bien faire la sieste ; et Makko, un guerrier orc à l’opposé de la Catfolk, beaucoup plus bruyant et sociable, mais dans le bon sens, au point de nous offrir un shot d’alcool pour notre première aventure ensemble.
Après avoir marché jusqu’à atteindre la route où les bêtes avaient été aperçues, nous avons évité de peu l’embuscade d’une meute de loups grâce au regard ou au flair aiguisé de Makko. D’après Almy, les loups étaient plus sensibles que la normale au feu. Étant moi-même une sorte de « bête à fourrure », j’ai trouvé ça un peu étrange, mais étonnamment, avec les boules de feu d’Hinata, cela s’est avéré vrai. Ou alors, la puissance du feu qu’il tire de sa déesse Tsukuyomi est plus efficace que ce à quoi je m’attendais.
Makko s’est aussi révélé être un très puissant guerrier. Muni de sa hache et de ses poings, il est très efficace en combat, aussi bien dans ses attaques que dans la protection qu’il offre au reste du groupe. Les chants de la barde étaient aussi agréables pendant le combat, m’aidant à performer mes danses avec un rythme beaucoup plus entraînant.
Le combat s’est terminé sans difficulté, et nous avons pu continuer notre chemin sur la route à la recherche des prochaines bêtes.
Le combat suivant n’est pas arrivé beaucoup plus tard, avec la rencontre de deux gros lions qui ont dû nous confondre avec un bon repas. Encore une fois, Makko a fait un travail monstrueux en encaissant les coups pour l’équipe, mais cette fois aidé par Akodo. Étonnamment, Karasu a été très efficace contre un lion, se montrant particulièrement habile avec sa lance.
Personnellement, durant cette journée, je n’ai pas été très efficace. Du moins, je ne me suis pas démarqué. J’ai été présent pour faire mon travail, mais en perdant un peu de ma grâce habituelle, peut-être dû à la fatigue et au stress de ce nouvel environnement.
Avant d’aller au dernier endroit dangereux de la route, nous avons décidé de faire une pause pour la nuit. Il n’y a pas eu de problème ni d’attaque pendant la nuit, et nos compagnons fatigués ont pu reprendre leurs forces pour ce qui allait être notre combat le plus difficile…
Un castor.
Oui, ce fameux combat difficile concernait un castor. Si un jour je m’étais attendu à voir un castor démolir complètement un orc aussi performant que Makko d’un simple coup de queue… Le monde est plus grand que ce que j’imaginais. Mais j’ai une mission à accomplir, et je ne reculerai pas malgré les difficultés qui se dresseront sur ma route.
La suite du combat fut difficile pour Makko et Akodo, qui ont pris beaucoup de coups pour nous. Mais leur ténacité nous a permis d’occire la bête et de protéger les futurs voyageurs de ce monstre.
Après qu’Hinata et Almy ont soigné nos deux compagnons, nous avons fait une petite pause dans la rivière avec Akodo et Makko pour nous nettoyer et reprendre un peu de forces avant de rentrer à Myrrhalis, afin de valider notre quête et d’empocher notre première récompense.
J’espère pouvoir trouver des informations sur un remède lors de notre prochaine quête…